Bis

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Voilà que je me redeux (clin d’oeil à Quand je me deux de Valérie Rouzeau). Je me double et dédouble. Suis un fraisier remontant. Pas encore de saison mais bientôt deux saisons pour lesdits fraisiers, et pour moi quelques années d’intervalle entre les premières et deuxièmes publications. C’est aujourd’hui que sort en librairie, que dis-je ressort comme un ressort moujik moujik suivi de Notown, dans un seul et même volume, double donc. Ce sont les éditions de la Contre Allée qui n’ont pas doublé mais pris le relais du premier éditeur pour ces deux titres, Etats-Civils. Joie joie double, triple, multiple.

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Et je me dédouble avec cet autre titre Sous le ciel de nous, plaquette publiée une première fois en 2007 chez….Contre-allées. Non, vous ne voyez pas double, c’est bien un autre éditeur, qu’écris-je deux, bien sûr, couple même, Amandine Marembert et Romain Fustier, poètes, animateurs de l’irremplaçable revue Contre-allées de Montluçon. Un pluriel à Contre-allées, pour ne pas se tromper. Pluriel avec la revue, et en son temps un festival de poésie, Poètes au Potager, qui a donné l’occasion pour chaque poète invité alors, de voir un livret publié par les soins de l’équipe du Potager. Festival et livrets ont tourné la page, reste la revue. Et l’heureuse surprise de voir réédités depuis quelques semaines quelques-uns de ces livrets épuisés, que l’on peut commander là :

https://www.facebook.com/contreallees/

http://contreallees.blogspot.fr/

 

 

Contre-allées

16 rue Mizault

03100 Montluçon

Pour démultiplier le paysage, prenons les contre-allées… singulières et plurielles. Alain Bashung, unique lui, ne dit pas autre chose…

 

 

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Avant le printemps

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Alors voilà. Les éditions de La Contre Allée donnent une seconde vie à moujik moujik et Notown, les Etats Civils ayant cessé leur activité, et donc, rendant indisponibles les deux titres parus en 2010 et 2013. La couverture, très réussie, est signée Guillaume Heurtault. Ce sera un peu avant le printemps. Mon Printemps préféré, le Printemps des Poètes, le 14 mars 2017.

https://fr-fr.facebook.com/lacontreallee/

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Une petite compilation des notes parues autour de Témoin.

Sur la Cause Littéraire : http://www.lacauselitteraire.fr/temoin-sophie-g-lucas

Sur le Petit Carré Jaune : http://lecarrejaune.canalblog.com/archives/2017/03/31/35002819.html

Sur le blog des Découvreurs, signé Georges Guillain : http://lesdecouvreurs2.blogspot.fr/2017/03/ou-se-trouve-toujours-la-poesie-temoin.html

Sur Poezibao, par Jacques Morin (à la fin de la page) : http://poezibao.typepad.com/poezibao/fiches_de_lecture/page/2/

 

Sur le blog de Claro par Claro : http://towardgrace.blogspot.fr/2016/10/le-palais-des-peines-perdues-temoin-de.html

Dans la revue Remue.net par Jacques Josse :
Dans l’Huma du 8 décembre 2016, par Alain Nicolas :
 Dans Décharge (en ligne), signée Claude Vercey : http://www.dechargelarevue.com/I-D-no-658-Alors-je-me-suis-enerve.html
Sur le site Danactu-résistance :

Sur le blog de Daniel Morvan (journaliste culture de Ouest-France) : http://chien-de-lisard.blogspot.fr/2016/11/sophie-g-lucas-temoin.html?spref=fb.

 

Sur Libfly, une petite vidéo avec Aline Allein : http://www.libfly.com/blog/442/rencontres/post/5503/post.aspx

 

Dans l’émission de radio Paludes 815 de Radio Campus Lille : http://blog.paludes.fr/post/2016/12/08/Paludes-815-du-vendredi-9-d%C3%A9cembre-2016

 

Sur le site de Mobilis, signée Gérard Lambert : https://www.mobilis-paysdelaloire.fr/magazine/livres/temoin-de-sophie-g-lucas

 

Dans terreaciel, par Cécile Guivarch : http://www.terreaciel.net/Hep-Lectures-Fraiches-Octobre-2016#.WBmXyHRPef0

 

Du côté des anars : http://1dex.ch/2016/11/temoins-tes-moins/#

Et dans le numéro d’octobre 2016 de la revue de littérature Le Matricule des Anges, un article de Camille Cloarec.

Et puis sur ordinaire (La Porte, 2016), une note de Balval Hekel :    http://www.lacauselitteraire.fr/ordinaire-sophie-g-lucas

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Deuxième rencontre avec les élèves de Béatrice Blot, des 2std2a (eh oui) du Pôle Arts Graphiques du Lycée de la Joliverie (Nantes). Ils ont travaillé à partir d’extraits de Témoin, ont créé des illustrations et des couvertures. Parfois même, ils ont fabriqué le livre en volume, avec tranche et 4ème de couverture, et l’ont imaginé en… Folio… (on peut rêver). Merci à eux !

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Dans ma bibliothèque…
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Illustration d’Astrid Rauline

Parmi les créatrices…. dans le désordre (pardon)

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Laurie, Astrid, Chloé, Olive, Auriane, Hanaé, Morgane, Valentine, Maureen et Alyssa devant leurs travaux (oui, il y a huit élèves et dix noms, c’est normal)

Témoin

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C’est une drôle de chose l’écriture. Quand je lis Testimony de Charles Reznikoff, je sais. Je sais que c’est là que je veux aller. Je veux tenter l’expérience du poète américain mais pas à partir d’archives. Je veux me rendre dans un tribunal. Je veux assister à des procès. Je veux frotter l’écriture à cette réalité. Je veux capter des paroles, travailler des voix, des histoires. Je veux comprendre ce que disent ces procès de notre société. J’ai entamé ce travail. J’ai suivi des procès en correctionnelle au Tribunal de Grande Instance de Nantes de septembre 2013 à janvier 2014 pour essayer d’approcher ce qui se cache derrière les violences, les faits divers.  A ce travail, d’autres fils se sont mêlés, inattendus, personnels, ceux d’un père en marge, dont la vie chaotique a trouvé des échos dans celles des prévenus, au fur et à mesure des procès. Et si c’était là l’objet de toute cette démarche initiale ? Tenter de comprendre un père impossible en me faisant témoin d’autres vies, essayer de faire se manifester une vérité parmi d’autres possibles ?

 

Extraits :

 

La longue peine (1)

Mon père est mort mais ne le sait pas. Il est assis sur un banc de la Chambre d’audience numéro trois, cheveux en bataille, chemise froissée, il semble ne pas me voir, il est juste là. Il n’est pas dans le box des accusés. Il n’est pas à la barre. Il est à côté de moi. Mon père mort. Je n’ai pas assez tué mon père.

 

 

Il n’y a rien qui marche chez moi

Il a frappé. Fort. Des coups de poing sur deux surveillants. Il a laissé sortir les autres détenus. Et quand on est venu le chercher il a frappé. Au visage. Il ne sait pas pourquoi. Il a eu une nuit agitée. Il ne sait pas pourquoi. Il a crié une bonne partie de la nuit. Il ne sait pas pourquoi. Il ne se souvient de rien. Il murmure. Il dit Je. Il se tait. Puis. J’ai pété un plomb. J’ai frappé. Mais je sais pas pourquoi monsieur. Je. Il dit. C’est inqualifiable. Cela ne me plaît pas. Je m’excuse. Chaque jour est un problème en détention monsieur. À force d’être enfermé. On sait pas bien comment agir. Comment communiquer. Monsieur. Il a vingt-quatre ans. Il est en prison depuis sa majorité. Toujours pour des violences. Onze condamnations. En six ans de prison il n’a eu aucune visite au parloir. Il reçoit un mandat de sa mère. Cent euros par mois. Je n’ai pas de projet pour ma sortie. Je n’ai pas d’avenir. Je sais pas où ça va me mener. Il n’y a rien qui marche chez moi. Monsieur. Quinze mois de prison ferme supplémentaires.

 

 

Sortie le 11 octobre 2016
aux éditions La Contre allée

Rebond

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(..) elle aperçut le Lapin Blanc qui courait. Il n’y avait pas un instant à perdre. Alice fila comme l’éclair et arriva juste à temps pour entendre l’animal dire, en prenant un virage : « Oh, mes oreilles et mes moustaches, comme il se fait tard! »*

Bon il n’est pas blanc ce lapin, peut-être même que c’est un lièvre… Et quel lièvre à soulever en ces temps poétiques où d’aucuns sympathiques et debout et de nuit comme de jour, décrètent que nous sommes.. quoi.. le 51 mars ? Et donc, comme les montres ont été arrêtées en mars, c’est le Printemps des Poètes toute l’année ! On bondit de joie ! A quoi bon courir ?

Alice songea : « Je ne vois pas comment elle pourrait avoir terminé un jour si elle ne le commence pas ».  Mais elle attendit patiemment. *

Et donc, hop, lecture musicale vendredi 53 mars (22 avril NDLR), à 19h30 à la Bibliothèque de Saint-Max, près de Nancy, avec Nicolas Arnoult (accordéon). Et ceci dans le cadre de Poema, qui défend les écritures poétiques d’aujourd’hui avec des lectures, performances, conférences, projections, expos et ateliers d’écriture en Lorraine et Grand Est (de janvier à juin 2016).

Sur quoi le Lapin Blanc souffle trois fois dans sa trompette avant de dérouler son parchemin…*

*Alice au pays des Merveilles, Lewis Caroll

ordinaire

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New-York, été 2015

 

 

learning to fly

 

ça fait l’oiseau les pans de
la robe de chambre ouverte
par dessus son jean et son pull
quand elle
marche
dans le jardin jusqu’à
la boîte aux lettres
quatre heures de l’après-midi
une journée pour elle
courrier prospectus
elle ne referme pas
la boîte clac clac
sous le vent brisant
le silence des pavillons
bien rangés les fleurs
entourées de pierres
elle pense à un cimetière

 

learning to fly, pink floyd

 

 

 

perfect day

 

le bruit familier des enfants
à l’étage
et sous elle
rien
que le froid du carrelage
fenêtres ouvertes
l’odeur des pelouses rabotées
au centimètre près
pas un souffle d’air
elle s’allonge sur le carrelage
mains sur le ventre
pour vérifier
qu’elle respire encore
le monde est parfait

 

perfect day, lou reed

 

Deux poèmes (sur dix-huit) extraits de ordinaire, qui vient de paraître chez La Porte, un éditeur pas ordinaire.

La micro maison d’éditions La Porte est dirigée par Yves Perrine.  Depuis des années, avec son épouse Monique, il plie, assemble et coud des recueils de poésie de quelques 16 ou 24 pages, rectangulaires au format 10×14 et à la jaquette toujours ivoire, cousus main et numérotés à 200 exemplaires.
À l’enseigne de la revue Poésie en voyage, les éditions La Porte d’Yves Perrine nous proposent, dans la tradition des rares et précieux “minuscules”, des ouvrages de nombreux auteurs comme Bernard Noël, Jean Rousselot, Andrée Chedid, Hélène Cadou, Max Alhau, Gilles Baudry, Antoine Emaz, Jean-Pierre Boulic, Jacques Ancet, Jean Lavoué, Marcel Migozzi, Gabrielle Althen, Guénane…
Avec toujours une prédilection pour les textes brefs, qu’il distille six fois par an par abonnement. Chaque recueil est tiré à 200 exemplaires et reste disponible au prix de 3,80 euros à l’adresse d’Yves Perrine (Yves Perrine, 215 rue Moïse Bodhuin, 02000 Laon).
(Denis Heudré)

Une expérience pas ordinaire, faite d’échanges uniquement par courrier postal (pour se « parler », pour corriger les épreuves). A tel point que, pour ses archives, Yves Perrine demande que l’on recopie à la main un poème de Rimbaud, et l’ensemble de ses propres poèmes, sur beau papier. Pas ordinaire, super !

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