Archives mensuelles : juillet 2017

Un bon jour pour mourir

 

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Sam Shepard

Il y a des jours comme ça….

« J’étais bien parti dans 80 acres de nouveau pâturage et ma tête ne voulait pas arrêter. A travers les jeunes pousses vertes, je pouvais voir dans les empreintes laissées par le dernier passage du tracteur. Dans les dépressions profondes laissées par les empreintes du bétail dans la terre boueuse quand l’herbe avait été broutée jusqu’aux racines jaunies. C’était quand ils avaient creusé le pare-feu. Je sentais que mon corps voulait bien aller s’y coucher, mais ma tête ne voulait rien entendre. Je pouvais voir qu’ici l’heure du jour se lisait beaucoup plus clairement. Qu’ici toutes les choses comprenaient intimement que le soleil s’en allait. Que les faucons même l’abandonnaient. J’avais l’impression que quelqu’un m’appelait là-bas, près de la grange. En fait, j’entendais leur voix, et je me retournais pour voir. Il n’y avait personne.  Je suis reparti vers l’intérieur des terres, me demandant jusqu’où aller. Exactement la même question que je m’étais posé nageant dans l’océan. Quel est le moment où aller plus loin devient dangereux ? Et j’ai réalisé que le moment où on se pose cette question c’est quand on pense qu’on est allé trop loin. »

18/12/79, Petaluma, Ca.

Extrait de Motel Chronicles, Sam Shepard (C. Bourgois, 1985, trad. Pierre Joris)

J’apprends la mort de Sam Shepard alors que je relis Un bon jour pour mourir de Jim Harrison. Le livre me brûlait déjà les mains car sur la quatrième de couverture on évoque une virée à travers l’Amérique des années 60, sorte de Jules et Jim… et ce matin l’annonce de la mort de Jeanne M. Alors je repose le livre de Jim, reprends celui de Sam.

de l’herbe haute haute / en bordure du terrain de jeu bitumé / je te vois qui me dévisages // je te vois quand tu ne sais pas que je te regarde / et chaque coup d’oeil que je vole / ajoute un jour à ma vie

 

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Escale à Detroit via Saint-Nazaire

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Comme le répète l’écrivain Roberto Ferrucci, à qui veut l’entendre ,« Saint-Nazaire est la plus belle ville du monde… après Venise ». Il sait de quoi il parle : Vénitien, il a séjourné en résidence d’écriture à Saint-Nazaire dans le cadre de la MEET, et depuis, il retourne régulièrement dans la ville qui construit les paquebots-immeubles de croisière qui détruisent la lagune de Venise. Ce qu’il évoque dans Venise est lagune aux éditions de  La Contre Allée (dans la collection Les Périphéries, 2016).  Il n’a toutefois pas réussi à convaincre la Nazairienne que je suis. Même si je suis très attachée à celle qui demeure « ma » ville, si je mesure au fil du temps sa forte identité, et comme cette identité fait partie de moi. De l’écriture même. Quand j’ai commencé à écrire Notown, sur la ville de Detroit, c’est Saint-Nazaire, aussi, que j’avais en tête. Ville ouvrière, culture et histoire ouvrières, fierté des savoirs-faire, luttes etc… Et puis voilà que le festival des Escales propose trois jours de musique autour de la ville de Detroit. Celle qui a porté Iggy Pop, Eminem, le label de la Motown… Le programme est là http://www.festival-les-escales.com/programmation/

C’est ainsi que je suis invitée à lire des extraits de Notown (réédité dans « ma » maison La Contre Allée ) par la librairie L’Embarcadère, 41 avenue de la République, Saint-Nazaire donc, samedi 29 juillet à 16h. Et c’est la première fois que je vais lire dans « ma » ville. Ça mérite bien une petit musique du label de la Motown avec The Temptations et une petite danse dans sa salle de bains…