Cow-boy

Qui-etes-vous-Calamity-Jane

(Calamity Jane)

Je connais un cow-boy. Un vrai. Il vit à Malakoff, banlieue parisienne, avec sa « squaw et son singe miniature ».  « A l’ouest, c’est Vanves, et c’est beaucoup plus cher ». C’est un drôle de cow-boy. Il n’a pas de cheval mais fait claquer ses éperons de temps en temps dans la cité. Et s’il a un colt, c’est un stylo… à plume forcément. Parce que ce cow-boy est un peu Indien. C’est un poor lonesome cow-boy, aux prises avec une vague crise existentielle, et la crise tout court. « Il suffirait de quoi / de pas grand-chose sans doute / pour mener / une existence plus / sereine / avec une bonne situation / des économies de côté / des projets plein / la tête / il suffirait de quoi / de quelqu’un d’autre / à l’intérieur de soi ?  » . C’est un cow-boy qui tente de mettre de l’ordre dans son far-west intérieur, avec l’écriture. « Avant de faire cow-boy ici / je n’étais rien / pas grand-chose / en tout cas / un employé sans // envergure / un salarié sans / ambition / un chômeur au bout du rouleau ». Alors plutôt que de se perdre dans le désert, que d’être bouffé par des vautours, il choisit d’être cow-boy et de se réinventer et une vie et des paysages. Il va au marché avec son Stetson sur la tête, « boots aux pieds / et (son) lasso de sept mètres / replié dans la main ». Les camions des éboueurs sont des buffalos, l’appartement est un ranch, l’environnement est celui de plaines où il possède dix mille vaches, de sa chambre il voit des bisons. Et quand ça ne va vraiment pas, « les jours / de peur / irraisonnée / quand je n’ose plus / foutre les pieds / dehors /que ma phobie/  des autres / a fait le siège / de mon cerveau / il me suffit de penser / à leur façon de claquer les talons / de liquider une fiole de whisky / de prendre un bain vite fait / pour me sentir déjà (un peu) mieux, et alors il roule du cul / comme John Wayne (..) en imitant Robert Mitchum / devant la glace / beuglant d’une voix virile / -Do you want a biggest target? ». C’est un cow-boy un peu triste mais à l’humour coupant comme une lame de rasoir. On a envie d’aller boire un whisky au saloon avec lui ou de partager un genre de calumet de la paix autour d’un feu. Heureusement, il y a sa squaw « du Maroc / une berbère au sang pur / et noble » qui croit en lui, « Tu écris quand même des poèmes ». Et ce sont de petites pépites d’or. Son nom n’est pas personne, il s’appelle Thierry Roquet. Et l’on trouve notre « Cow-boy de Malakoff » au Pédalo Ivre, collection poésie.

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