Archives mensuelles : mars 2014

libre

 

 

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Voilà. Plus qu’une semaine avant de lancer la semaine poésie à Marvejols, au TMT, joliment intitulée, entrée libre. (c’est bien pour ça qu’une coccinelle s’est invitée encore ce matin sur les programmes, libre).

Il y aura une exposition de livres peints d’Anne Slacik (et notamment le premier volume Largesses de l’air de Pierre Dhainaut, aux toutes jeunes éditions Faï Fioc),

Une lecture poético musicale de Lydie Salvayre et Bernard Wallet, sur un texte inédit de Lydie Salvayre, Peur,

Des lectures poétiques d’ateliers et résidences (ateliers d’écriture dont celui mené à la Maison d’arrêt de Mende, atelier découverte de la poésie contemporaine animé par Fabienne Bargelli),

Lecture de Grand Choeur, un portrait de ville : recueil de poèmes issus de rencontres avec les habitants de Marvejols, sous la plume et le beau regard de Michaël Gluck (qui a été en résidence dans la ville plusieurs jours par mois depuis la rentrée),

Cascades : concert et improvisations musicales, par Laura Tejeda Martin (vocaliste) et Radoslaw Klukowski (trompettiste), autour du texte de Marie Huot Une histoire de la bouche (Al Manar),

Et à la fin, on se retrouve (presque) tous pour une dernière soirée poétique et musicale. Un boeuf poétique quoi,

Et puis des signatures, des livres, des rencontres avec des lycéens, des chroniques dans Midi Libre, 48 poèmes sur 48 FM Mende (par Jean-Marc Bourg), des poèmes-affiches dans la ville, la poésie libre libre partout…

 

Le programme complet est ici

 

A la lorgnette!

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Petite lecture hier soir à Mende (à une demi-heure de Marvejols), dans la seule librairie de la ville, la lorgnette. Une très jolie librairie, ouverte depuis fin 2013, par une toute jeune femme, Héloïse. Les murs s’affichent avec des cartes postales de chez Penguin : des photos d’écrivains et de couvertures originales de livres anglais. On ne peut donc que conseiller d’aller y faire un tour : on peut même s’installer dans un canapé et.. lire! Et soutenir ce qui devient une forme de résistance, ouvrir une librairie. Avant qu’entrer dans une librairie, lire un livre imprimé deviennent, aussi, des formes de résistance.

la lorgnette, 7, rue d’Angiran 48000 Mende

Debout à la fenêtre, le regard plongeant dans le jardin, j’entendais le doux murmure de tous ces livres vivants emplir la pièce Virginia WOOLF

 

Train-train

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Après le train-train des déplacements, le train-train de la résidence. Pourtant, je ne m’habitue à rien. Et surtout pas aux paysages. Les dix heures Nantes-Marvejols d’il y a quinze jours ne sont pas les mêmes dix heures d’hier. Aubépine, colza, prunus, genêts tout le long de la route. J’ai même vu à découvert, sans doute du côté de la Beauce, trois biches à la queue leu leu. Je ne m’habitue pas.

Ce n’est pas que le Printemps des Poètes. L’air de rien, le printemps fabrique son train-train saisonnier. Ici, c’est assez saisissant (à prononcer plusieurs fois). Depuis mon départ, le paysage s’est coloré par pointillés. Ce matin, un papillon jaune pâle est tombé dans la cheminée (qui ne fonctionnait pas ouf). J’ai pu le libérer. Et une coccinelle égarée sur mes carnets.

Ici le printemps ne risque pas de m’échapper même si les trois dernières semaines vont filer à l’allure d’un TGV tant il y a à faire et à écrire. Sans train-train. Des journées chaque fois transformées sous l’effet du printemps.

je reste m’en irai plus jamais me fixe moi je m’implante m’enracine fais des réserves pour longtemps pour toujours il ne me reste plus beaucoup de temps veux arrêter de vagabonder de m’agiter comprends pas de toute façon ce qui a bien pu m’agiter comme ça voulais tout voir n’ai plus cru en rien ni personne

Helga M. Novak

Perdre le Nord

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Doux dingue.

Les quatre jours passés dans le Nord ont été du doux dingue. Doux dingues les poètes (Marlène Tissot, Frédérick Houdaer et F.X Farine). Doux dingues les lectures. Doux dingues les publics. Doux dingues les paysages. Doux dingue Lille. Doux dingue Dunkerque.

Bière bleue et poésie rouge, rater ma correspondance entre Paris et Lille car train bloqué à Nantes dès potron-minet par des manifestants sur la voie, le port de Dunkerque, la chapelle des pêcheurs, les pirates et les corsaires, le rire de Fred, les détenus du centre pénitentiaire de Maubeuge, les lourdes lourdes portes de la prison, le ciel jamais vu aussi large en sortant, le beau vieux Lille, la douceur bleue de Marlène, parler parler parler rire rire rire dire dire dire poésie, la route, le merveilleux verbe encyclopédique poétique de FX, la sévère institutrice qui-n’aimait-pas-la-poésie-qui-dit-des-gros-mots, la conduite parfaite et attentive de Stéphane sauf quand il a démarré alors que j’avais encore un pied dehors, le sable gris la plage plate de Dunkerque, le sourire de cette fille lors de la deuxième lecture, les usines au bord de la mer, l’âpreté de Dunkerque qui me fait penser à Saint-Nazaire, JMC (pour Marlène), les vitraux de la cathédrale de Notre-Dame-de-la-Treille à Lille et soleil dedans quelle chance, les hommes chapeaux à fleurs bas résilles et robes colorées dans les rues de Dunkerque à la nuit tombée seuls ou en groupe rejoignant une fanfare un bar des amis, les épiphénomènes du carnaval de Dunkerque qui n’en finit pas de finir, L’art est simplement la preuve d’une vie pleinement vécue en lettres lumineuses sur le bâtiment du FRAC de Dunkerque, lu en escaladant des grillages pour sortir d’un parking sang bleu comme Chimay, le monde plus doux plus dingue parce que nous parlons des heures de poésie, Carver Brautigan Bukowski, arracher quelques feuilles du carnet Moleskine et noter des noms de poètes, ne jamais en finir avec la poésie, la lecture de nos poèmes par de jeunes déficients intellectuels à la bibliothèque centre de Dunkerque notre émotion leur sensibilité le cadeau, l’énergie la gentillesse de toutes ces personnes associations bibliothèques centre pénitentiaire pour nous accueillir, les rencontres et retrouvailles avec poètes Jean-Marc Flahaut, Simon Allonneau, Thierry Roquet, Plamont, le froid dans la chambre d’hôtel, le froid dehors, le froid souvent quand même, se rappeler les élections et ne pas avoir de bons pressentiments, lire L’apiculture selon Samuel Beckett de Martin Page dans une petite brasserie face cathédrale à Lille, le minuscule ascenseur de l’hôtel, nous quitter gorges serrées le soir et le matin, dans le sac des livres de poésie Nouvelles du front de la fièvre de Jean-Marc Flahaut (Pédalo Ivre), Le cow-boy de Malakoff de Thierry Roquet (id.), Les derniers seront les derniers de Thomas Vinau (id.), Les choses ordinaires de Marlène Tissot (Kiss my ass Ed.), J’emmerde de Marlène Tissot (Gros Textes), D’infinis petits riens de François-Xavier Farine (id.), No parking no business de Frédérick Houdaer (id.), Engeances de Frédérick Houdaer (La Passe du vent), maudire mon appétit de livres quand il faut porter le sac, le train qui fait demi-tour au tiers du voyage qui ne peut aller plus loin pour cause de vol de câbles une heure de retard, la poésie rend les journées élastiques.

Je perds le Nord et la boussole. Temps géographies doux dingues. De l’ouest, je repars dans deux jours vers le sud pour poursuivre et boucler la résidence. L’art est simplement la preuve d’une vie pleinement vécue.

 

Dites 333

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Défaire un sac, refaire un sac. Les poètes sont des nomades.

Demain je serai là (voir affiche) et puis là, et enfin là, avec d’autres camarades poètes, MarlèneTissot et Frédérick Houdaer.

333? Parce que 3 poètes de la nouvelle génération 30-40 (ouais… je sais.. j’ai largement dépassé mais c’est toujours agréable à lire et à écrire), pour 3 lectures-rencontres dans 3 lieux du Département.

Le tout organisé par la Médiathèque du Département Nord, le réseau des bibliothèques de Dunkerque et le Centre pénitentiaire de Maubeuge, sous la houlette très précieuse de François-Xavier Farine (bibliothécaire -avec des titres mais j’ai oublié lesquels – mais z’aussi poète, brand new papa, cycliste, animateur de poebzine, grand lecteur, FX quoi).

Bon, j’ai un sac à faire.

Chouette

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Chouette lecture à la Maison de Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines. Chouettes poètes. Chouettes z’amis. Chouette printemps. Quoi chouetter de mieux?

 

Du vent me danse la tête

Je do do dodeline

Traverse une rue un fleuve

Une mauvaise passe une crise

Rien jamais ni personne

Ne me porte aussi bien

Que l’air assez remué

Qui me remue assez

Me chavire la caboche

La cervelle envolée

D’aptère qui va à pied

Sans gâcher le hasard

Difficile à mirer

D’un seul frisson de flaque.

Valérie Rouzeau, VROUZ (La Table ronde, 2012)

 

Antjie Krog

Nous ne sommes pas tous noirs, ne

sommes pas tous des roms, sommes

pas tous des sans-papiers, pas tous

des précaires, tous des exclus, des

poètes, mais la somme des tensions

d’une époque sans hésitation,

akakak! : série d’excitations énergiques,

la poésie doit combattre : car la tuade

est générale –

Jean-Pascal DUBOST, Neuves (-Collodion-, 2013)

 

Le loup est un poète comme un autre

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(sur une fontaine, à Marvejols)

Le loup fait peur

Le loup est un peu dingo

Le loup est en voie d’extinction

Le loup gronde, le loup gémit, le loup geint, le loup hurle

Le loup n’aime pas être domestiqué

Le loup est doux

Le loup est parfois bête (de Gévaudan)

Le loup porte un masque

Le loup a la dent dure

Le loup peut être garou

Le loup est sauvage

Le loup se déplace la nuit et se repose le jour

Le loup vit en meute (qui est souvent sa famille)

Le loup vit (aussi) dans des réserves protégées

Le loup se fait parfois tirer dessus

Ce week-end je rejoins ma meute et mes amis poètes avec qui je gronderai quelques poèmes….